Mars 2025, période anxiogène comme rarement en France. Les Français peuvent légitimement se dire « tout part à vau-l’eau » .
On ne va pas faire la liste intégrale de ce qui ne va pas, mais on va pointer les problèmes des plus saillants.
Les finances publics sont dans un état catastrophique, mais personne n’est responsable, surtout pas les ministres des Finances et les chefs d’Etats qui se sont succédés.
Le Chef de l’Etat n’a pas plus de majorité parlementaire et reporte son besoin d’exister sur le théâtre européen et international.
Lesquels théâtres sont eux aussi chaotiques. L’Europe semble un bateau ivre très éloigné des citoyens. Personne ne voulait Madame Van Der Layen mais elle repart pour un second mandat malgré tout. Les pays européens se tirent dans les pattes (l’Allemagne essaie de faire passer le nucléaire pour une énergie polluante, alors qu’ils polluent eux-mêmes plus que tous les autres) et font étalage de leur manque d’unité dans le conflit ukrainien.
Le conflit ukrainien s’enkyste. Certains disent que les Russes ne visent que les régions russophones de l’Ukraine – et se font traités d’agents russes. D’autres disent que la guerre est quasiment à nos portes et qu’il faut aller se battre sur le front ukrainien qui est aussi le nôtre.
De l’autre côté de l’Amérique, le Donald le plus connu du monde (non, ce n’est plus une souris centenaire !) fait le ménage en interne avec son milliardaire fantasque et génial, mais s’efforce de mettre le boxon en externe dans les règles du commerce extérieur.
En France, LFI bordellise volontairement la scène politique nationale et importe sur notre territoire le conflit israélo-palestinien.
Les attaques aux couteaux sont désormais tellement nombreuses qu’on ne s’y arrête même plus. De même que les règlements de compte à la kalachnikov des narcotrafiquants de plus en plus omniprésents.
Bref, tout va mal.
Comment, dans ce contexte (et encore, on abrège !) garder la tête froide et prendre un peu de recul ?
Ce conflit à Gaza, qui a raison qui a tort ? Sont-ce des terroristes ou des résistants ? Les Israéliens sont ils dans leur bon droit en ripostant ainsi ou font-ils aux Palestiniens bien pire que ce qu’ils ont subi ?
Ce conflit en Ukraine, a-t-il commencé en avril 2022 ou en 2014 ? Les trois régions indépendantistes (Crimée, Lougansk et Donetsk) ont-elles le droit de réclamer leur indépendance comme les Kanaks en Nouvelle Calédonie ou doivent-elles être rattachées de force à l’Ukraine dont elles faisaient partie il y a quelques années ?
Les Russes sont – ils nos ennemis et menacent ils réellement de s’en prendre à d’autres régions (par exemple les Pays Baltes qui ont été des régions russes pendant des siècles) ? Ou sont-ils des Européens comme nous, et qui ont juste un problème territorial local avec des minorités russes maltraitées par l’Ukraine suite à des décisions ineptes des dictateurs communistes du milieu du XXe siècle ?
Les Américains sont ils nos alliés ou nos suzerains auxquels nous devons obéir (dans l’OTAN comme dans les paiements en dollars ou l’utilisation des Gafam et nos approvisionnements en gaz ) ?
La France est-elle ruinée et doit-on tailler rapidement dans les régimes de retraite ? Ou peut-on revenir à la retraite à 60 ans sans péril, rien qu’on prenant des mesures techniques et en surtaxant les riches et les entreprises à la marge ?
France Info, France Télévision ou l’Arcom sont-ils des bastions gauchistes qui ne laissent aucune place à la pluralité politique ? Ou sont-ce CNEWS, C8 et EUROPE 1 qui sont l’antichambre du fascisme qu’il faut combattre sans répit ?
Quelques conseils pour garder la tête froide et prendre du recul.
1 – Débrancher les médias.
Ils sont anxiogènes, faisons comme Candide de Voltaire : cultivons votre jardin. C’est-à-dire faisons ce que nous devons faire pour nous, notre famille, nos proches. Occupons nous de nous et de notre entourage.
2 – Essayons de ne pas prendre parti trop vite.
Celui qui défend Israël n’est pas un génocidaire, celui qui défend les Gazaouis n’est pas un antisémite. Idem entre la Russie et l’Ukraine, idem entre les électeurs républicains et les électeurs démocrates.
Plutôt que de dire à l’autre « tu as tort », essayons de comprendre pourquoi il dit et pense cela. Cela ne veut pas dire acquiescer, cela veut dire comprendre. Retrouvons l’art de la « disputatio »
3 – Abstenons nous de commenter ni même de lire les commentaires sur les réseaux sociaux. En particulier les comptes anonymes : derrière cet anonymat, qu’est-ce qu’on ne peut pas faire et dire ! Rien n’est vérifiable, c’est la foire aux propos à l’emporte-pièce.
4 – Lisons. Il faut lire. Aussi bien des romans que des poésies ou des récits historiques et des biographies. Souvent les histoires et les sentiments ou les récits imaginaires que l’on va lire vous éclairer le présent. Cela permet aussi de relativiser : les auteurs des temps passés ont connu eux-aussi des périodes difficiles, voire autrement plus terrible que notre début du XXIe siècle.
5 – Ecoutons ceux qui sont sur le terrain. C’est peut-être le point le plus frappant.
Il est stupéfiant de voir à quel point aujourd’hui la parole prévaut sur l’action et l’expérience. Les jeunes à peine sortis d’étude vous expliquent comment la génération d’avant à tout salopé mais eux ont les solutions.
Des multi-voyageurs en avions qui vous parlent de sobriété carbone et d’écologie.
Des altermondialistes qui peinent à se nourrir eux-mêmes vous expliquent comment réformer l’agriculture pour nourrir la planète vertueusement.
Des politiciens qui ont à peine franchi le périph’ parisien qui vous disent qu’il faut aller se battre sur le front en Ukraine.
Des économistes qui ont cherché toute leur vie à l’ombre du CNRS ou d’une Université qui vous expliquent comment gérer une entreprise et des salariés et augmenter les prélèvements sans créer du chômage.
Des militants politiques qui veulent accepter / bannir tous les migrants (choisissez votre bord politique !) sans ciseler leur réponse ni tenir compte du contexte du pays de départ ni du pays d’arrivée.
Ecoutons ceux qui vivent en Israël et en Palestine, et non pas leurs porte-paroles auto-proclamés. Ecoutons les chefs d’entreprises et pas des enseignants chercheurs en économie, écoutons les journalistes de guerre et non pas les journalistes germanopratins, écoutons les maires des communes plutôt que les députés choisis par le responsable des investitures pour leur docilité à la doctrine du parti.
Ecoutons les mères de famille plutôt que les militants pro-féministes ou pro-gender.
Ecoutons les infirmières et les médecins plutôt que les fonctionnaires du Ministère de la Santé.
Quand l’expérience et l’écoute prélaveront sur l’immédiateté et l’oralité, peut-être arriverons nous à prendre du recul et à garder la tête froide face aux événements. Et en plus, ça fera baisser notre tension artérielle : elle est pas belle la vie ?
