Depuis sa transformation en Haute Autorité de l’Audit (H2A), l’ancien H3C a considérablement élargi son champ d’action.

Au-delà du contrôle légal des comptes, l’autorité supervise désormais également les professionnels chargés de certifier les informations de durabilité des entreprises. Cette évolution marque un tournant majeur pour la profession de commissaire aux comptes.

Dans ce contexte, la H2A a publié ses orientations de contrôle pour 2026, confirmant un durcissement de la supervision des cabinets d’audit et des auditeurs de durabilité. (H2A – Haute Autorité de l’audit)

Une surveillance accrue de l’indépendance des commissaires aux comptes

L’indépendance demeure l’un des piliers fondamentaux de l’audit légal.
La H2A porte donc une attention particulière aux situations de conflits d’intérêts, aux prestations de conseil susceptibles de remettre en cause l’impartialité du CAC et au respect des règles européennes encadrant les missions réalisées auprès des entités d’intérêt public (EIP).

Le sujet des honoraires fait notamment l’objet d’un suivi renforcé.

En mars 2026, la H2A a d’ailleurs publié une mise à jour de sa FAQ afin de préciser les modalités d’application de la règle européenne limitant certains honoraires perçus auprès des EIP. (H2A – Haute Autorité de l’audit)

Cette vigilance s’inscrit dans une logique de préservation de la confiance accordée aux travaux des auditeurs.

La qualité des audits au cœur des contrôles

La H2A souhaite également renforcer la qualité technique des missions d’audit.
Les contrôles portent notamment sur l’évaluation des risques ; la documentation des travaux, le niveau de justification des conclusions ainsi que les dispositifs de contrôle interne qualité des cabinets.

Les grands réseaux internationaux restent particulièrement surveillés, tout comme les cabinets intervenant auprès des banques, des assurances et des sociétés cotées.

L’objectif affiché étant de garantir un niveau homogène de qualité des audits dans un environnement économique de plus en plus complexe.

L’essor des missions ESG change profondément la profession

L’arrivée de la directive européenne CSRD transforme fortement le métier de commissaire aux comptes.
Les professionnels doivent désormais être capables de certifier des informations extra-financières liées au climat, à la gouvernance, aux enjeux sociaux et à la stratégie de durabilité des entreprises.

La H2A a ainsi publié plusieurs lignes directrices et FAQ encadrant les premières missions de certification des informations de durabilité.

Pour exercer ces nouvelles missions, les professionnels doivent être inscrits sur des listes spécifiques tenues par la H2A et suivre des formations homologuées, souvent d’une durée minimale de 90 heures.

Cette évolution pousse les cabinets à développer de nouvelles compétences en ESG, data, analyse des risques climatiques et réglementation européenne.

De nouvelles normes professionnelles en préparation

Parallèlement, la H2A poursuit un important travail de modernisation normative.
Les programmes de travail 2025-2026 prévoient notamment la révision de certaines normes d’exercice professionnel, l’adaptation des diligences relatives au rapport de gestion, l’intégration des enjeux de durabilité dans les travaux des CAC et le renforcement des exigences déontologiques et de contrôle qualité.

Ces évolutions traduisent une transformation structurelle de l’audit légal, désormais à la frontière entre finance, conformité réglementaire et durabilité.

Derrière ces contrôles renforcés se dessine une évolution profonde du rôle du commissaire aux comptes.

Le CAC n’est plus seulement un certificateur des comptes financiers.
Il devient progressivement un garant plus global de la fiabilité de l’information produite par les entreprises, qu’elle soit financière ou extra-financière.

Dans un environnement marqué par les exigences ESG, la cybersécurité, la conformité et l’intelligence artificielle, les attentes envers les auditeurs continuent de croître. Et avec elles, le niveau d’exigence de la H2A.